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Lorsque j’ai commencé le cyanotype, l’évidence était de connaître le travail d’Anna Atkins . La genèse du procédé photographique, la restitution quasi parfaite des détails, la minutie du travail de la botaniste, magique. Une encyclopédie botanique de 400 planches réalisées à la main en 1842 !

Mes premiers tests ont été des aplats et compositions végétales exposées au soleil sous plaques de verre ; Faire mienne une technique aux rendus inattendus, parfois capricieux.

L’Histoire botanique est riche d’enseignements sur la condition humaine et sa façon d'appréhender le monde. Au XIXè siècle, la Nature est le terrain de la rencontre des Êtres, des Corps. On collectionne, on crée les premières chimies photosensibles, on fige le vivant, on le décrypte, on le côtoie.

Le XXè siècle sur la lancée de la révolution industrielle, tendra, lui, vers l’expérimentation, la conceptualisation scientifique.On dompte le vivant à dessein.

De nos jours, le XXIè siècle atteint certaines limites, les ressources naturelles s’épuisent, le vivant “maîtrisé” nous échappe et contamine .

Par le biais des premières techniques photographiques, sources d’émotions et d’évolution du positionnement  de l’homme dans son milieu et son histoire, je souhaite proposer une vision inclusive, re-créer une relation intime avec le vivant végétal, envisagée dans la globalité de notre/son écosystème.

Il est dorénavant obligatoire pour notre survie de cesser de voir avec indifférence le vivant, d’en être détaché et de le dominer.

Il nous faut Re-voir les éléments et la Nature en s’y incluant, en étant concernés, et humbles.

Il nous faut dénoncer la perception d’un monde prétendu immobile, dédié, à notre service, voire inutile, capter la légitimité de ses mouvements, observer, constater la symbiose des relations végétales et animales.

Il nous faut redire, représenter, retracer le déclin.Craindre, empêcher la disparition.Saluer, se réjouir de la résilience.Celle du végétal, de l’animal, la nôtre, intrinsèquement liées.

Il nous faut poser un regard différent, franc, sans artifice avec un engagement et un contact direct.Interagir avec bienveillance, sans modifier.

Je façonne, je réalise, Je “photographie” (j’écris avec les photons) sans caméra, sans être derrière un boîtier, sans prisme à travers lequel voir, ce qui nécessite  d’impliquer mon corps comme vecteur de création d’image.

Tel un peintre devant sa toile vierge, à ceci près que je révèle une vision, je fixe une émotion, je rencontre physiquement, de façon palpable le monde végétal au gré des aléas des saisons.Je capte sous le regard du soleil, astre bienveillant et indispensable, une image unique.

Sur le terrain, c’est une "immersion dans l'inconnu” ( INTO THE BLUE en anglais ). 

A la fois du résultat souhaité, saisi, authentique, artisanal. Faire et construire une image en direct et en communion avec le végétal. L’envisager plutôt que le domestiquer et le diriger.

Et inconnu en ce qui concerne mon ressenti, mon implication.

Peut-on raconter la nature comme en reportage ?

Improviser dans l’action, ressentir l’adrénaline, le piquant de l’instant pour saisir ma vision, réaliser mon projet. Emouvoir en créant une image. 

 

Est-il possible, en pleine nature et avec la technique du cyanotype, de saisir des lumières, de fixer des végétaux sur le vif ?

Créer des plans, un cadrage, une composition sans aplats de fleurs coupées?

Peut-on accrocher des ombres, des dégradés, une profondeur de champ, des lumières vives ?

Rencontrer un biotope près d’un étang, dans les dunes, sur le littoral, dans un jardin, au bord d’une route ? 

Inscrire le vivant le temps d’une floraison, d’une chute de pétale ?

Saisir le frémissement de l’ombre d’une branche agitée par la brise, à côté d’un coquelicot ?

Faire parler la Nature ?

Une partie de la réponse est là.

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